J. W. von Goethe, Das Göttliche - Le divin

Le divin

Que l’homme soit noble,
Secourable et bon,
Car cela seul
Le distingue
De tous les êtres
Que nous connaissons.

Gloire aux être inconnus,
Plus sublimes,
Que nous soupconnons !
[Que l’homme leur ressemble !]
Que son exemple
Nous renseigne à croire en eux.

Car la nature
Est insensible :
Le soleil brille
Sur les méchants et les bons,
Et pour le criminel,
Comme pour le juste,
Luisent la lune et les étoiles.

Le vent et les torrents,
La tonnerre et la grêle,
Volent en mugissant,
Et, dans leur passage rapide,
Emportent chacun à son tour.

La fortune aussi
Tâtonne dans la foule,
Et saisit parfois la tête bouclée
De la tendre innocence,
Parfois le crâne chauve
Et coupable.

Selon des lois grandes,
Eternelles, inflexibles,
Nous devons tous
Accomplir les cercles
De notre existence.

L’homme seul
Peut l’impossible :
Il distingue,
Il choisit, il juge ;
Il peut donner
A l’instant la durée.

Lui seul, il peut
Récompenser les bons,
Punir les méchants,
Guérir et sauver,
Relier utilement
Tout ce qui se trompe, ce qui s’égare.

Et nous honorons
Les immortels,
Comme s’ils étaient des hommes,
Et faisaient en grand
Ce que le juste
Fait en petit ou voudrait faire.

Que l’homme noble
Soit secourable et bon !
Qu’il fasse sans relâche
Ce qui est bon et juste,
Et qu’il soit pour nous, par avance,
Une image de ces êtres
Que nous soupçonnons.

Traduction Jacques Porchat 1861

Das Göttliche

Edel sei der Mensch,
Hilfreich und gut !
Denn das allein
Unterscheidet ihn
Von allen Wesen,
Die wir kennen.

Heil den unbekannten
Höhern Wesen,
Die wir ahnen !
Ihnen gleiche der Mensch !
Sein Beispiel lehr uns
Jene glauben.

Denn unfühlend
Ist die Natur :
Es leuchtet die Sonne
Über Bös und Gute,
Und dem Verbrecher
Glänzen wie dem Besten
Der Mond und die Sterne.

Wind und Ströme,
Donner und Hagel
Rauschen ihren Weg
Und ergreifen
Vorüber eilend
Einen um den andern.

Auch so das Glück
Tappt unter die Menge,
Faßt bald des Knaben
Lockige Unschuld,
Bald auch den kahlen
Schuldigen Scheitel.

Nach ewigen, ehrnen,
Großen Gesetzen
Müssen wir alle
Unseres Daseins
Kreise vollenden.

Nur allein der Mensch
Vermag das Unmögliche :
Er unterscheidet,
Wählet und richtet ;
Er kann dem Augenblick
Dauer verleihen.

Er allein darf
Den Guten lohnen,
Den Bösen strafen,
Heilen und retten,
Alles Irrende, Schweifende
Nützlich verbinden.

Und wir verehren
Die Unsterblichen,
Als wären sie Menschen,
Täten im Großen,
Was der Beste im kleinen
Tut oder möchte.

Der edle Mensch
Sei hilfreich und gut !
Unermüdet schaff er
Das Nützliche, Rechte,
Sei uns ein Vorbild
Jener geahneten Wesen !